Cartes et photos

mardi 31 août 2010

Souper spaghetti

L'idée est venue avec Eve-Lyne il y a environ deux semaines. On avait lancé l'idée de cuisiner un truc pour la famille. Depuis le début de mon séjour, nous avons été traités comme roi et reine ici dans notre famille. C'était la moindre des choses.

Eve-Lyne partie, l'idée est tout de même restée. Du spag à la viande. Rien de très compliqué. Surtout qu'il fallait cuisiner pour 18 personnes. J'aurais dû faire un pâté chinois, lancera ma mère à ses soeurs au téléphone!

Je suis donc arrivé à la cuisine en pensant tout préparer. Les choses ne se passent pas ainsi dans la cuisine familiale. Tout le monde doit/veut/peut participer. Après avoir haché les oignons, on m'a vite imposé le rôle du chef qui ne doit pas salir les mains. Je donnerai les ordres.

Quel bonheur de passer un aussi agréable moment de famille! Un tourbillon de rires, un brouhaha d'opinions et de suggestions sur la manière de préparer le spag, encore des éclats de rires, toujours de plus en plus forts, un diaporama de visages curieux, sceptiques, amusés, beaucoup de pâtes, des ventres rassasiés et une occasion de boire du vin en famille.

Au final, il restera de ce souper beaucoup trop de pâtes. Mais surtout, il restera l'impression de tranquillement habiter cette famille.

Ce n'est pas toujours facile de me sentir totalement à l'aise dans cette famille. Quand ces moments-là viennent, mon sourire les avalent tout rond et espère que d'autres viendront encore et encore s'y scotcher.

samedi 28 août 2010

Tri de photos à l'aéroport de Singapour.

En attendant un message, voici les photos qui complètent la première partie de ce voyage.
Les photos manquantes de notre séjour à Siem Reap seront ajoutés sous peu.

Eve-Lyne est repartie ce matin vers Montréal. Avec mille instants qui nous appartiennent désormais, tant que nos mémoires les retiendront. Tant que nos mains laisseront flotter ces milliers de cerfs-volants sous les ciels que nous avons vus. Des ciels explosifs qui ont couvert nos têtes de doux et tendres moments.

vendredi 20 août 2010

Serendipity




Des vacances. Des vacances qui n'en sont pas. Parce que quand on s'intéresse à l'histoire d'un pays,ou plus généralement à la condition humaine, on ne peut s'empêcher de poser des questions, de pousser la barrière du silence et du tabou, d'aller voir de l'autre côté. Avec Paul qui marche sur les traces de son père, je rencontre des hommes, des prêtres, qui vouent leur vie au peuple cambodgien. Père Un Son vient tout juste de partir. Paul le racompagne à sa voiture. Je suis assise sur notre terrasse de bungalow de touriste, devant la mer, à l'abri du soleil cuisant. Des enfants pêchent je ne sais quel poisson sur les rochers, devant moi, un fil de pêche enroulé sur une bouteille de plastique. Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien attraper? Père Un Son nous a raconté, tout simplement, dans le désordre, les années de Pol Pot, l'invasion vientamienne, la signature de la "paix", le parcours de ses parents pour fuir le pays, leur arrivée à Montréal et maintenant, leur projet de revenir vivre au Cambodge près des leurs, pour ne pas finir dans un foyer de personnes âgées, abandonnés de tous, seuls au monde, sous la neige. J'avais envie d'allumer la caméra, de capter cette image du Père Un Son devant la mer, sa voix douce, son français quasi impecable. Il nous raconte les champs de mines, la difficulté de passer la frontière, les fosses creusées dans le sol où les tiges de bambou effilées attendent le passant, lui garantissant une mort lente et douloureuse. Une blessure de bambou ne guérit pas. Cette plante serait empoisonnée...

Je n'ai pas envie de vraies vacances. Celles où l'on se prélasse sans penser à rien. Je ne peux pas ignorer les enfants qui vendent toutes sortes de choses inutiles aux touristes blancs et gras, bien huilés. Quand on refuse leurs inombrables offres, ils nous répondent "later?". Non, pas "later" non plus. Je ne veux pas t'acheter un bracelet en corde, des lunettes soleil, une manucure. Et je ne voudrai pas davantage tout à l'heure. Je lis partout depuis deux semaines qu'il ne faut pas acheter aux enfants qui vendent ni donner à ceux qui mendient. Il faut plutôt faire un don à une ONG qui les sortira de la rue. Une jeune femme s'asseoit à l'ombre, près de moi, me sourit, douce, belle, suant à grosses gouttes sous son chapeau de paille. Elle m'offre une manucure. Je refuse. Elle voit quelques poils naissant sur mon mollet et me propose de me les enlever, un à un, avec un fil. Technique d'épilation éprouvée. je refuse, gênée qu'on scrute mon corps à la recherche de quelques riels à faire. "If you change your mind, you remember me? Promise?" qu'elle me répond, en me présentant son petit doigt pour que je scelle ma promesse avec elle. Je lui présente mon petit doigt et le croise avec le sien. "I promise". Notre promesse est scellée pour la vie. Je la regarde s'éloigner et la scrute attentivement. Je me promets de la chercher si je change d'idée.

Est-ce vraiment là tout ce que je peux faire?




lundi 16 août 2010

Les chansons d'amour et tralala.

Je sais d'où vient ma culture de la mélancolie.

D'ici, du Cambodge !!!

À écouter et surtout regarder les vidéoclips de chansons khmères, il m'est impossible de ne pas laisser entrevoir un sourire d'amusement. Et après un alignement de 5 chansons, un soupir d'exaspération. C'est du pareil au même!

Toutes les chansons tournent autour de l'amour. De l'amour courtois, de l'amour déchirant, de l'amour sanglotant. Avec toujours un soupçon de kitsch assumé. À choisir entre une séance de torture avec des chansons en boucle de Natasha St-Pier ou des chanteur(e)s khmers, je choisis dérechef notre Québécoise expatriée! C'est dire...

Le pire, c'est quand de nouvelles stars au États-Unis chantent ''bilingue''. De l'anglais savamment intégré à des couplets en khmer. Ça donne des amalgames sans queue ni tête. Il y a comme un malaise...



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La télévision offre un éventail très divertissant. Le Cambodge fait figure d'élève plein de bonne volonté, mais qui souffre de déficiences matérielles. Mais à ces lacunes, j'ai l'impression qu'on cultive en plus ici le kitsch avec une attitude bonenfant. Les bulletins de nouvelles ressemblent à ceux qu'on voyait au Québec dans les années 80, avec de faux arrières-plan vidéo. On doit trouver ça cool, je crois.
60 postes. Offrant des émissions provenant du Cambodge, de l'Indonésie, de la Thaïlande, de la Malaisie, name it. Beaucoup beaucoup de soap-opéras mélodramatiques, beaucoup de karaoké sirupeux, du football européen, du foot australien, des jeux télévisées empruntées aux concepts occidentaux, des bulletins de nouvelles. Au final, rien ne m'accroche. Je zappe et rezappe. Comme je le ferais si j'avais le câble à Montréal. Comme quoi, rien ne change vraiment de ce côté-là.

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Battambang en quelques mots.


Lever le nez. Rues calmes. Contrastes après Phnom Penh et Siem Reap.
Digérer le dîner. Repos dans hôtel. Pensait que Battambang n'avait pas grand chose à offrir.

Pas de tuk tuk. Pas d'étrangers dans les rues. Possibilité de marcher et errer.
Recontre de mon parrain et visite de son lieu de travail : lieu enchanteur. Proposition d'aller dormir sur un village flottant.

Revivre et volonté de visiter. Kim le chauffeur de tuk tuk. Gentillesse dans ses yeux. La ville est belle dans sa poussière, sa rivière brune et son authenticité. Le parc en fin de journée et cette tradition d'aller danser en ligne (aérobie). Le ciel peint de renversants nuages. La lumière traversant les rues. L'histoire orale et Kim. Le resto sans électricité.

Battambang. J'ai plein de souvenirs. Pas de photos. Les plus belles photos sont celles que l'on ne prend pas.

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Impressions d'autobus

Dans l'autobus qui nous mènera à Krakor, une petite localité bordant le Tonlé Sap, nous sommes entourés de Cambodgiens. Ils ont tous le teint foncé, et moi, je ne saurai me fondre à eux par mon apparence. Je serai toujours d'abord littéralement un Chinois. Pas un Chinois comme les Québécois utilisent pour généraliser les Asiatiques. Ici, à cause de mes traits de visage, on me confond pour un Chinois ''de Chine''! Et lorsque je leur réponds en khmer que je parle khmer, la plupart des gens s'esclaffent de rire, pensant entendre une bonne blague. Et lorsque, ensuite, j'ajoute en khmer que je suis vraiment un enfant de parents khmers, leur moue d'incrédulité vaut de l'or.

On entend le klaxon de l'autobus régulièrement. À peu près à chaque minute. Contrairement au Québec où l'action de klaxonner rime souvent avec agressivité et frustration, ici, sur les routes du Cambodge, que ce soit en ville ou sur les routes nationales, le klaxon est utilisé de manière première, c'est-à-dire qu'il est utilisé pour sa fonction première. On klaxonne pour signaler notre présence, c'est tout. On klaxonne pour que les motocyclistes et les cyclistes plus lents soient au courant de notre présence et de notre volonté de les dépasser. Aucun sacre et aucune condescendence relié au geste.

Se retrouver la première fois au spectacle de la circulation urbaine s'apparente à observer une colonie de fourmis. Rien n'y est cartésien, rien n'y est planifié. Pourtant, tout semble s'auto-réguler. Il n'y pas vraiment de voies déterminées, même si on retrouve parfois des lignes sur la chaussée. Les gens circulent dans la rue en se préoccupant simplement de ce qui se passe devant. Les rétroviseurs sont des objets décoratifs. Notre façon de voir les choses à l'occidental aimerait que tout soit réglementé, planifié, carré. Quand on prend le temps de voir les choses différement, on constate que ce chaos est un chaos agréable à vivre. On s'aperçoit que traverser une rue malgré un flux de circulation monstre s'avère un jeu d'enfant. Les gens circulent lentement ici. La plupart. Il y aura toujours des jeunes assoiffés de vitesse, mais généralement, on pourrait traverser la rue les yeux fermés.

Comme me faisait remarquer mon ami Erwan, on commence à imposer un code de conduite à l'occidental à Siem Reap. Ce qui a pour conséquence de dénaturer la façon de conduire des Cambodgiens. Les gens commencent à être ''fourrés'' ici par une signalisation qui n'a jamais existé. On peut présumer que ce changement s'est imposé pour accomoder les touristes, de plus en plus nombreux, à se rendre à Siem Reap.

Il n’y a aucune agressivité dans le klaxonnage, sauf que ça peut devenir agressant ! En ville, ça va, mais sur les routes nationales (des genres d’autoroute à une seule voie par direction, séparée par une ligne pointillée à l’infini, signifiant la possibilité de dépasser à tout moment) Là, le chauffeur d’autobus dépasse tout ce qui bouge, donc il klaxonne souvent. Je rectifie mes propos. Le klaxon, c’est chiant sur les routes nationales !


samedi 14 août 2010

Des photos! (première partie)

Depuis quelques jours, la paresse s'est installée. Le plaisir oisif.
Écrire mes impressions requiert beaucoup de courage. Le courage de m'asseoir et de laisser la paresse de côté. Je laisse les photos résumer les dernières journées en attendant de retrouver un moment tranquille pour écrire.


PHNOM PENH

Les ingrédients d'un souper chez Om My.


Près de l'hôpital où travaille un de mes oncles.



Repas chez Ming Nga.



Vers la terre de campagne familiale.



Bananes de la terre de campagne familiale.




Plafond du temple de la terre familiale.




Soupe tonkinoise en avant-midi.


Centre culturel français.


Vers le quai Sisowath à la pointe du jour.


Vers le quai Sisowath à la pointe du jour.


Vers le quai Sisowath à la pointe du jour.


Vers le quai Sisowath à la pointe du jour.



Vers le quai Sisowath à la pointe du jour.



Parc Hun Sen à la pointe du jour.


VERS SIEM REAP

Pause à Kompong Thom.


Sur la route vers Siem Reap.


Sur la route vers Siem Reap.


SIEM REAP



Premier guesthouse à Siem Reap.


Jean-Baptiste, le frère d'Erwan.


Village bordant le mont Phnom Krom.



La pluie, avant qu'elle ne tombe. Village bordant le mont Phnom Krom.


Village bordant le mont Phnom Krom.
Enfants curieux de voir 3 blonds (Eve-Lyne, Erwan et Jean-Baptiste)



Village bordant le mont Phnom Krom.
Enfants curieux de voir 3 blonds (Eve-Lyne, Erwan et Jean-Baptiste)




Village bordant le mont Phnom Krom.




Journée détente à Siem Reap.




ANGKOR ET SES TEMPLES



Moines au temple d'Angkor Vat




Angor Vat.



Angor Vat.



Angor Vat.




Angor Vat.


vendredi 13 août 2010

Le paradis a un nom: Siem Reap

Je vous écris depuis la chambre d'hôtel de feu que Paul a réservé pour me faire une surprise. Je viens de prendre la plus merveilleuse des douches du monde: au soleil, dans notre cour privée, entourée de bambous, de palmiers et d'oiseaux du paradis. Eve dans le jardin d'Eden.

Paul vient de se réveiller après une méga sieste de survie; c'est que la soirée d'hier, ou plutôt le réveil, a été difficile. Après un bon repas de 5 services accompagné de quelques bouteilles de vin, lui et quelques nouveaux amis sont sortis sur Pub street, une espèce de rue Crescent pour touristes. Je suis restée à l'hôtel pour profiter du lit-nuage tout blanc, tout grand.

Cet après-midi, on compte poursuivre la visite des temples d'Angkor. On en a visité une partie hier matin, de 5h à 10h, et il nous reste le fameux Angkor Vat et le temple de Bayon avec les grosses têtes. Si vous ne connaissez pas: http://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor

Siem Reap me laisse songeuse. Avec Erwan, un ami de Paul, on a découvert la ville parmi les expatriés qui travaillent dans le milieu de l'hôtellerie. Les contrastes sont marquants, parfois choquants. Après la visite d'un petit village flottant à la fois bucolique et très modeste (une image me reste en tête: une fillette de 2 ou 3 ans, accroupie sur le bord de la route, à moitié nue, les pieds dans une marre d'eau brune; le sourire qu'elle nous adresse alors qu'on passe devant elle en tuk-tuk), la visite des grands hôtels de la ville me donne la nausée. Je réfléchis à la vie des expats, aux univers parallèles, à l'incapacité (ou au manque de volonté?) de s'intégrer totalement aux Khmers, à toutes ces histoires d'horreur qu'on entend et lit au sujet des ONG qui abusent, dans tous les sens du terme, de la population. Je réfléchis à la vie des Khmers, aux serveurs de restaurants 5 étoiles souriants, à David le chauffeur de tuk-tuk qui peine a nourrir sa famille et les enfants de son frère, aux conditions de vie, au développement du pays...

Demain ou après-demain, ce sera le départ pour Battambang.
Paul vous promet quelques photos et vidéos pour bientôt.

Chum reap liar

mardi 10 août 2010

Voyager sur les flots

5e jour. Je me réveille au lever du soleil, vers 6h, contente d'avoir dormi une nuit normale après ce qui, j'espère, était la dernière journée rythmée par le décalage horaire: réveil à 4h pleine d'énergie, KO à 9h, sieste en après-midi et loque humaine en soirée.

Samedi, jour 2


Om My nous a préparé une omelette à la khmère le matin - trop bonne - accompagnée de pain aux graines de sésame et d'un verre de lait bien frais qui a le goût de la crème 35%.

On a ensuite rejoint la famille chez Ming Nga pour un autre repas puis, on a visité le musée national qui est franchement impressionnant.

(Façade principale du musée avec Ming Nga et Paul)

La collection de sculptures pré-angkoriennes, angkoriennes et post-angkoriennes (on tient un fil conducteur ici, je crois) est époustouflante et le bâtiment lui-même est su-bli-me. Les bassins de la cour intérieure m'ont convaincue d'essayer de faire pousser des lotus dans un aquarium à mon retour à Montréal et éventuellement, d'y faire vivre quelques gros poissons rouges. C'est bien, je manquais de projets!

(Le bassin en question)

En soirée, on a soupé avec Erwan - un ami de Paul - et son frère, deux géants français qui ont grandi en Inde. Nous sommes allés dans un resto-ONG où on enseigne à des enfants de la rue les métiers de l'hôtellerie et on a terminé la journée avec un saut au marché de nuit. Alors là, il me faudrait des sons plutôt que des mots pour vous le décrire. Imaginer seulement un parc avec des centaines de kiosques qui vendent à peu près n'importe quoi, une scène centrale avec des jeunes danseurs qui suivent vaguement une chorégraphie à la Britney Spears - hit me baby one more time - des hauts-parleurs qui crachent et qui crachent et, suprême divertissement, deux kiosques concurrents de vente de numéros de cellulaires. On peut y choisir son numéro et l'acheter. Le montant varie selon la coolitude du numéro. Bah ouais!

(Le marché de nuit)

Dimanche

Le 3e jour a été bien chargé: déjeuner au resto chinois, visite de la terre familiale située à quelques kilomètres en-dehors de PP, offrandes à la pagode, visite des charniers de Choeung Tek - sur le chemin du retour à PP, la famille nous y amène par (mauvaise) surprise. La réaction est émotive, lourde - quelques achats au marché russe dont un authentique t-shirt Hollister pour 5$, retour chez Om My pour une trop longue sieste et finalement, souper avec Davith et première balade en tuktuk. Ouf! Qui a dit que c'était des vacances?

Lundi

Hier, jour 4, nous nous sommes réveillés très tôt pour aller voir et filmer les gens qui font du tai-chi sur le bord du Tonle Sap. Le tai-chi n'était pas au rendez-vous. Dommage, mais pas grave. La lumière était hallucinante. Des centaines de personnes se rendent sur le bord du fleuve vers 5h du matin pour faire de l'exercice: danse en ligne, badminton, arts martiaux, etc. Des hauts-parleurs (ici aussi) crachent une musique délicieusement kitsch. Les pigeons volent par milliers. Ensuite, vers 6h30, nous sommes allés prendre un café et manger un croissant: le premier petit déjeuner de la journée qui a été suivi par un second petit déjeuner, celui-ci à la khmère, c'est-à-dire constitué d'une soupe aux nouilles qu'on appellerait tonkinoise chez nous et d'un café fort avec lait condensé sucré et glace: miam!

Après une petite heure de repos pour faire passer tout ça, on est allés se faire masser... C'est pas beau la vie? Mais attention, quand on parle de massage khmer, il faut savoir que ça tient davantage du sport extrême que de la détente nouvel âge avec fontaine d'eau kétaine et odeur de lavande. On nous a donné un genre de pyjama en coton très ample, une tasse d'eau chaude citronnée au miel et hop!, la séance de torsion, contorsion, craquage d'articulations à commencé. On s'est faits piétiner, rouler en boule, étirer comme des élastiques... et ce matin, contrairement à mes appréhensions, je n'ai mal nulle part!

Dans l'après-midi, on s'est achetés de nouvelles lunettes pour la vue pour la modique somme de 30$ chacune! Paul a un nouveau look cool, quoiqu'il en pense, et moi, j'ai enfin des lunettes jaunes (j'entends des gens rire... c'est mon imagination?)! Ensuite, on est allés rejoindre Davith au centre Bophana, une ONG gérée par le cinéaste Rithy Panh qui collecte et diffuse tout le matériel audiovisuel qu'elle peut trouver sur le Cambodge d'hier et d'aujourd'hui. Parle, parle, jase, jase, on a organisé une projection des films de Paul et de quelques courts-métrages d'Histoires de vie Montréal en deux temps, trois mouvements! Maintenant, il faut gérer. Si ça vous dit, ça se fera probablement le 11 août et vous êtes tous invité(e)s... à PP.

(Photo qui se passe de légende)

Pour digérer la nouvelle, on est allés prendre un verre avec Bon Teum au chic resto pub pour expat "Foreign Correspondant Club", haut-lieu du tourisme, du colonialisme et de la bière au double du prix. Mais bon, la vue sur le Tonle Sap en vaut (vraiment?) le coût. On a fini la soirée dans un resto plus authentique: "Chez mon frère", une cour intérieure au sol recouvert de sable et à la décoration qui imite la plage. Vivement qu'on soit à la vraie mer! La bouffe est toujours trop bonne, variée et surprenante.

(Paul en avant-plan, le Tonle Sap derrière)
Aujourd'hui

Aujourd'hui, et bien c'est le départ vers Siem Reap, les temples d'Angkor, etc. Un premier vrai départ en "plongée autonome", comme de vrais aventuriers, sans l'aide et le support de la familia. On vous en redonne des nouvelles éventuellement!

Eve-Lyne (et Paul, qui digère son petit déj' à côté de moi)

lundi 9 août 2010

Dépaysement

Je pensais au concept de dépaysement et puis, j'ai eu une image de Eva, dessinant la devanture de la maison familiale du 8264, de Chateaubriand, à Montréal. Eva, c'est cette jeune fille tchécoslovaque que nous avons hébergé alors que j'étais en
4e année du primaire. À l'époque, et sûrement encore aujourd'hui, il était courant de faire des échanges entre chorales. Par exemple, une chorale allemande venait en tournée au Québec pendant une semaine ou deux et notre chorale, les Petits Chanteurs du Mont-Royal, allait en Allemagne deux, trois ans plus tard. Ou jamais, si ce n'était pas dans nos projets de tournée.

Peu importe, j'en reviens à Eva. Eva, qui de Prague, s'était probablement faite une idée du Québec, de l'Amérique. Elle arrive à Montréal et voilà qu'elle est accueillie par une famille cambodgienne, avec tout ce qui s'en suit: cuisine bigarrée, décoration ''fusion'', coutumes et habitudes métissées...

Jamais, elle n'aurait pensé qu'elle aboutirait dans une famille cambodgienne vivant à Montréal. Une famille cambodgienne qui tentait du mieux qu'elle le pouvait de s'adapter à la cuture québécoise.
(...)

En étant ici, à Phnom Penh, je constate toute la chance que j'ai de pouvoir vivre le dépaysement. Il y a des dizaines de choses qui stimulent mes inconforts, d'autres qui me font découvrir la nouveauté. Souvent, je réagis prestement de façon ''colonialiste'', en émettant des commentaires rapides et sans jugement. ''Ça ne se fait pas ces trucs-là'', ''Ils ne savent donc pas vivre'', ''C'est donc bien sale''. Et l'instant d'après, je me trouve con de me permettre de telles pensées. ''Ici, c'est comme ça que ça se passe''. Je n'ai aucun droit de juger la façon dont les choses se déroulent ici. Je n'ai aucun droit de m'élever devant les gens parce que je viens d'un ''meilleur'' ailleurs.

Malgré les quelques lourdeurs que je concède à ce début de séjour, je suis heureux d'être ici.

Paul
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Le jugement. L'éternel jugement. Cette machine à comparer, à évaluer, à classer: le bien et le mal, le convenable et l'"inconvenable", le meilleur et le pire, etc.

Devant un système qui nous est inconnu, la machine du jugement se met en route. Il faut faire un effort considérable pour se déprogrammer, pour mettre la machine K.O., pour voir les choses avec neutralité. Constater plutôt que juger.

La famille, sa puissance et son omniprésence. Le chaos, la corruption, les relations hommes-femmes. La nourriture délicieuse et / ou étrange. Le comportement des touristes et expatriés. Les mendiants, le marchandage, le coût de la vie par rapport au revenu...

Voyager. Rencontrer. Se laisser déstabiliser. Faire des erreurs. Croire que l'on comprend. Être à côté de la plaque. Comprendre finalement un peu mieux, dans son coeur, sans jugement.

Eve-Lyne


Om My prépare le repas du soir: poisson grillé, riz et fruits frais.
Repas de famille chez Ming Nga.
La pagode près de la propriété de campagne familiale.
Avec Nean Neath (petite Neath), une des cousines de Paul, sur la terre de la grand-mère maternelle.

samedi 7 août 2010

6h30

6h30. Je me réveille après 11h30 de sommeil.

Dehors, j'entends les motos et les voitures qui roulent doucement dans un grand bal chaotique, sur le boulevard Sorodom. La chambre est grande, le plafond est haut, tout est en béton blanc. Notre lit est plus grand que tous les lits du monde réunis: il nous faudrait une bonne demi-heure pour rouler d'un côté à l'autre, et j'exagère à peine.

Nous sommes arrivés hier à Phnom Penh, après environ 25 heures de voyage. Une bonne dizaine de personnes nous attendait. Paul était excité, stressé, curieux. Moi je tenais la caméra et j'essayais de capter ce moment émouvant. La rencontre des deux mondes s'est bien passée, dans le sourire, l'émotion, la joie.

Tout le monde s'est ensuite dirigé vers la maison de Ming Nga, une des 4 soeurs de maman Tom où un bon repas nous attendait. On a fait connaissance, on a fait des plans pour notre séjour et on a tous mangé par terre, sur le "ketel", un grand tapis tissé en fibres de plastique coloré: poulet grillé, riz frit cantonnais au crabe, riz blanc, soupe citronnée aux crevettes et basilic.

Bong Teum, un des 2 800 cousins de Paul, nous a ensuite conduit chez lui où nous allons rester
pour les prochains jours. Nous avons (enfin) pu déposer nos bagages et aller nous balader dans le coin avant que le ciel menaçant ne nous conseille de rentrer nous abriter et accessoirement, prendre une douche (la premiere en 2 jours).

Je laisse Paul vous parler davantage de ces premiers instants, s'il en a envie.

De mon côté, je veux vous parler des fruits! Vanaka nous avait parlé, le jour de notre départ, de l'incroyable saveur des fruits d'ici. Eh ben il n'avait pas tort! Hier seulement, nous avons goûté à quatre fruits dont nous n'avions eu la chance de manger, à Montréal, que la pâle imitation: ramboutan, mangoustan, longan, jacquier et pomme cannelle. Je vous laisse aller fouiller sur Wikipedia pour en avoir des images. Et en fait, je ne sais pas comment vous décrire leur goût, mis à part celui de la pomme cannelle qui est extrêmement sucré. Tellement sucré que Paul, carnivore convaincu, n'en pouvait plus après en avoir mangé à peine la moitié d'une. Ils ne sont pas très invitants, à première vue, mais leur goût est malade!

Bon, il faut se lever maintenant et aller déjeuner. Une longue journée nous attend: Musée national, Palais royal, dîner en famille et rencontre avec Erwan, un vieil ami français de Paul qui travaille ici depuis 2 ans.

Chum reap lear!

Eve-Lyne

vendredi 6 août 2010

Oui, j'ai bien entendu ma voisine roter...

Et ce n'était pas Eve-Lyne! Il ne fallait plus compter le nombre d'éructations provenant du for intérieur de ma voisine... On s'habitue.

Près de vingt heures d'avion plus tard dans des avions bondés de têtes à la chevelure noire, nous voilà à Taipei dans la salle d'attente. Dans quelques heures, nous allons être à Phnom Penh.

D'ici là, on ne se plaint pas d'avoir accès aussi facilement à l'internet.

À plus!

- Paul

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Et que dire des repas que nous a servis China Airlines: poulet et patates, poisson et riz, bœuf et patates, poulet et riz... Où sont les petits plats presque bons d'Air France? Et les écrans qui devaient nous occuper en nous proposant des tonnes de films et d'émissions à regarder? La prochaine fois, ce sera 1ère classe! Ah pis non! Ça fait partie de l'aventure!

N'empêche, on a dormi comme des bébés, grâce à notre kit de voyage extrême: coussin de cou, masque pour les yeux, pantoufles en styromousse (!), etc.

Bon, je commence à me demander si je ne suis pas indécente avec ma robe qui découvre mes épaules... J'espère que je ne vais pas traumatiser la famille... La suite, la prochaine fois!

- Eve-Lyne





jeudi 5 août 2010

Le stress... le maudit stress.

La tension est palpable. Elle se lit sur mes sourcils et dans mes dents serrées.
Mes parents, aussi, sont stressés. Des cadeaux qui débordent des valises, des ajouts de cadeaux qui arriveront de peine et de misère à se faire un chemin jusqu'à Phnom Penh...
C'est simple... il y a plus de cadeaux que l'ensemble des vêtements que Eve-Lyne et moi allons porter. Il faut noter tout de même que ni elle, ni moi avons déjà voyagé aussi léger. 4 t-shirts, 3 shorts, quelques sous-vêtements.

++

Mon père vient de me dire d'envoyer à la famille une photo d'Eve-Lyne et moi. Au cas où les gens ne me reconnaîtraient à l'aéroport... Vous ne le savez peut-être pas, mais il y a une délégation de presque tous les membres de la famille qui viennent m'accueillir. Des visages sans noms qui en auront un, bientôt!



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Le stress monte. C'est parce que mon projet de film prend de plus en plus de place, alors qu'au début, je partais a priori au Cambodge pour le voyage. Je saurai doser mon stress.

A+

mercredi 4 août 2010

Je ne suis pas supposé être là.

Je veux dire devant mon ordi. Mes bagages ne sont pas faits et j'ai toujours l'intention de filmer deux trois entrevues avec un ami Cambodgiens et mes parents avant de prendre l'avion.

Vive les dernières minutes!

A+