Cartes et photos

lundi 9 août 2010

Dépaysement

Je pensais au concept de dépaysement et puis, j'ai eu une image de Eva, dessinant la devanture de la maison familiale du 8264, de Chateaubriand, à Montréal. Eva, c'est cette jeune fille tchécoslovaque que nous avons hébergé alors que j'étais en
4e année du primaire. À l'époque, et sûrement encore aujourd'hui, il était courant de faire des échanges entre chorales. Par exemple, une chorale allemande venait en tournée au Québec pendant une semaine ou deux et notre chorale, les Petits Chanteurs du Mont-Royal, allait en Allemagne deux, trois ans plus tard. Ou jamais, si ce n'était pas dans nos projets de tournée.

Peu importe, j'en reviens à Eva. Eva, qui de Prague, s'était probablement faite une idée du Québec, de l'Amérique. Elle arrive à Montréal et voilà qu'elle est accueillie par une famille cambodgienne, avec tout ce qui s'en suit: cuisine bigarrée, décoration ''fusion'', coutumes et habitudes métissées...

Jamais, elle n'aurait pensé qu'elle aboutirait dans une famille cambodgienne vivant à Montréal. Une famille cambodgienne qui tentait du mieux qu'elle le pouvait de s'adapter à la cuture québécoise.
(...)

En étant ici, à Phnom Penh, je constate toute la chance que j'ai de pouvoir vivre le dépaysement. Il y a des dizaines de choses qui stimulent mes inconforts, d'autres qui me font découvrir la nouveauté. Souvent, je réagis prestement de façon ''colonialiste'', en émettant des commentaires rapides et sans jugement. ''Ça ne se fait pas ces trucs-là'', ''Ils ne savent donc pas vivre'', ''C'est donc bien sale''. Et l'instant d'après, je me trouve con de me permettre de telles pensées. ''Ici, c'est comme ça que ça se passe''. Je n'ai aucun droit de juger la façon dont les choses se déroulent ici. Je n'ai aucun droit de m'élever devant les gens parce que je viens d'un ''meilleur'' ailleurs.

Malgré les quelques lourdeurs que je concède à ce début de séjour, je suis heureux d'être ici.

Paul
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Le jugement. L'éternel jugement. Cette machine à comparer, à évaluer, à classer: le bien et le mal, le convenable et l'"inconvenable", le meilleur et le pire, etc.

Devant un système qui nous est inconnu, la machine du jugement se met en route. Il faut faire un effort considérable pour se déprogrammer, pour mettre la machine K.O., pour voir les choses avec neutralité. Constater plutôt que juger.

La famille, sa puissance et son omniprésence. Le chaos, la corruption, les relations hommes-femmes. La nourriture délicieuse et / ou étrange. Le comportement des touristes et expatriés. Les mendiants, le marchandage, le coût de la vie par rapport au revenu...

Voyager. Rencontrer. Se laisser déstabiliser. Faire des erreurs. Croire que l'on comprend. Être à côté de la plaque. Comprendre finalement un peu mieux, dans son coeur, sans jugement.

Eve-Lyne


Om My prépare le repas du soir: poisson grillé, riz et fruits frais.
Repas de famille chez Ming Nga.
La pagode près de la propriété de campagne familiale.
Avec Nean Neath (petite Neath), une des cousines de Paul, sur la terre de la grand-mère maternelle.

2 commentaires:

  1. Je t'admire ma chère nièce...de ta façon de voir les choses!

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  2. Toute une expérience de vie! Se lancer dans l'inconnu, perdre ses repères,vivre une minute à la fois, sentir et vibrer au rythme des découvertes que l'on fait, demeurer humble face à l'inaceptable,apprendre qui l'on est en étant confronté à la vie des autres. Le chemin vers la sagesse.
    P.S.: Que vous êtes mignonnes toi et Nean Neath!

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