Cartes et photos

lundi 16 août 2010

Les chansons d'amour et tralala.

Je sais d'où vient ma culture de la mélancolie.

D'ici, du Cambodge !!!

À écouter et surtout regarder les vidéoclips de chansons khmères, il m'est impossible de ne pas laisser entrevoir un sourire d'amusement. Et après un alignement de 5 chansons, un soupir d'exaspération. C'est du pareil au même!

Toutes les chansons tournent autour de l'amour. De l'amour courtois, de l'amour déchirant, de l'amour sanglotant. Avec toujours un soupçon de kitsch assumé. À choisir entre une séance de torture avec des chansons en boucle de Natasha St-Pier ou des chanteur(e)s khmers, je choisis dérechef notre Québécoise expatriée! C'est dire...

Le pire, c'est quand de nouvelles stars au États-Unis chantent ''bilingue''. De l'anglais savamment intégré à des couplets en khmer. Ça donne des amalgames sans queue ni tête. Il y a comme un malaise...



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La télévision offre un éventail très divertissant. Le Cambodge fait figure d'élève plein de bonne volonté, mais qui souffre de déficiences matérielles. Mais à ces lacunes, j'ai l'impression qu'on cultive en plus ici le kitsch avec une attitude bonenfant. Les bulletins de nouvelles ressemblent à ceux qu'on voyait au Québec dans les années 80, avec de faux arrières-plan vidéo. On doit trouver ça cool, je crois.
60 postes. Offrant des émissions provenant du Cambodge, de l'Indonésie, de la Thaïlande, de la Malaisie, name it. Beaucoup beaucoup de soap-opéras mélodramatiques, beaucoup de karaoké sirupeux, du football européen, du foot australien, des jeux télévisées empruntées aux concepts occidentaux, des bulletins de nouvelles. Au final, rien ne m'accroche. Je zappe et rezappe. Comme je le ferais si j'avais le câble à Montréal. Comme quoi, rien ne change vraiment de ce côté-là.

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Battambang en quelques mots.


Lever le nez. Rues calmes. Contrastes après Phnom Penh et Siem Reap.
Digérer le dîner. Repos dans hôtel. Pensait que Battambang n'avait pas grand chose à offrir.

Pas de tuk tuk. Pas d'étrangers dans les rues. Possibilité de marcher et errer.
Recontre de mon parrain et visite de son lieu de travail : lieu enchanteur. Proposition d'aller dormir sur un village flottant.

Revivre et volonté de visiter. Kim le chauffeur de tuk tuk. Gentillesse dans ses yeux. La ville est belle dans sa poussière, sa rivière brune et son authenticité. Le parc en fin de journée et cette tradition d'aller danser en ligne (aérobie). Le ciel peint de renversants nuages. La lumière traversant les rues. L'histoire orale et Kim. Le resto sans électricité.

Battambang. J'ai plein de souvenirs. Pas de photos. Les plus belles photos sont celles que l'on ne prend pas.

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Impressions d'autobus

Dans l'autobus qui nous mènera à Krakor, une petite localité bordant le Tonlé Sap, nous sommes entourés de Cambodgiens. Ils ont tous le teint foncé, et moi, je ne saurai me fondre à eux par mon apparence. Je serai toujours d'abord littéralement un Chinois. Pas un Chinois comme les Québécois utilisent pour généraliser les Asiatiques. Ici, à cause de mes traits de visage, on me confond pour un Chinois ''de Chine''! Et lorsque je leur réponds en khmer que je parle khmer, la plupart des gens s'esclaffent de rire, pensant entendre une bonne blague. Et lorsque, ensuite, j'ajoute en khmer que je suis vraiment un enfant de parents khmers, leur moue d'incrédulité vaut de l'or.

On entend le klaxon de l'autobus régulièrement. À peu près à chaque minute. Contrairement au Québec où l'action de klaxonner rime souvent avec agressivité et frustration, ici, sur les routes du Cambodge, que ce soit en ville ou sur les routes nationales, le klaxon est utilisé de manière première, c'est-à-dire qu'il est utilisé pour sa fonction première. On klaxonne pour signaler notre présence, c'est tout. On klaxonne pour que les motocyclistes et les cyclistes plus lents soient au courant de notre présence et de notre volonté de les dépasser. Aucun sacre et aucune condescendence relié au geste.

Se retrouver la première fois au spectacle de la circulation urbaine s'apparente à observer une colonie de fourmis. Rien n'y est cartésien, rien n'y est planifié. Pourtant, tout semble s'auto-réguler. Il n'y pas vraiment de voies déterminées, même si on retrouve parfois des lignes sur la chaussée. Les gens circulent dans la rue en se préoccupant simplement de ce qui se passe devant. Les rétroviseurs sont des objets décoratifs. Notre façon de voir les choses à l'occidental aimerait que tout soit réglementé, planifié, carré. Quand on prend le temps de voir les choses différement, on constate que ce chaos est un chaos agréable à vivre. On s'aperçoit que traverser une rue malgré un flux de circulation monstre s'avère un jeu d'enfant. Les gens circulent lentement ici. La plupart. Il y aura toujours des jeunes assoiffés de vitesse, mais généralement, on pourrait traverser la rue les yeux fermés.

Comme me faisait remarquer mon ami Erwan, on commence à imposer un code de conduite à l'occidental à Siem Reap. Ce qui a pour conséquence de dénaturer la façon de conduire des Cambodgiens. Les gens commencent à être ''fourrés'' ici par une signalisation qui n'a jamais existé. On peut présumer que ce changement s'est imposé pour accomoder les touristes, de plus en plus nombreux, à se rendre à Siem Reap.

Il n’y a aucune agressivité dans le klaxonnage, sauf que ça peut devenir agressant ! En ville, ça va, mais sur les routes nationales (des genres d’autoroute à une seule voie par direction, séparée par une ligne pointillée à l’infini, signifiant la possibilité de dépasser à tout moment) Là, le chauffeur d’autobus dépasse tout ce qui bouge, donc il klaxonne souvent. Je rectifie mes propos. Le klaxon, c’est chiant sur les routes nationales !


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